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07/01/2019 - ELISE NOYEZ

LA NÉCESSITÉ D'UNE APPROCHE ACOUSTIQUE INTÉGRÉE DANS LE SECTEUR DES SOINS

LA PRISE DE CONSCIENCE DES DÉCIDEURS, ARCHITECTES ET ENTREPRISES DE FINITION EST UN PREMIER PAS

Les bâtiments hospitaliers sont, à différents titres, des bâtiments remplis de défis; également en ce qui concerne l'acoustique. Vu la complexité, une approche intégrale de l'acoustique réalisée de préférence par un bureau spécialisé en environnements de soins est une absolue nécessité. Si on attend la phase de finition, on court le risque que l'aspect acoustique ne soit pas bien intégré dans le projet et qu'il n'y ait plus de budget pour cet aspect important.

APPROCHE ACOUSTIQUE INTEGRALE

N'oubliez pas que les ouvertures de portes et de fenêtres, ainsi que les grilles de ventilation, sont également décisives pour la transmission du bruit!
N'oubliez pas que les ouvertures de portes et de fenêtres, ainsi que les grilles de ventilation, sont également décisives pour la transmission du bruit! (photo Rockfon)

Les principaux points d'attention dans un environnement de soins sont le bruit de l'air, le bruit de contact, le bruit des installations et la réverbération acoustique. La part de ces différents aspects est variable d'un espace à l'autre. L'isolation de la façade joue bien évidemment aussi un rôle important pour combattre les bruits provenant de l'extérieur, mais il y a moins de problèmes à ce niveau.

Le bruit de l'air

Le transfert du bruit de l'air d'une chambre à l'autre est évité grâce à des plaques isolantes dans les parois de séparation, les sols et les plafonds. Pour éviter la transmission sonore latérale, il faut attacher de l'attention à la masse et au moyen de couplage de ces parties latérales.

Si on n'a pas prévu dès le départ une isolation sonore suffisante ou s'il s'agit d'une rénovation, les options sont limitées. Des murs de rétention isolants peuvent, dans ce cas, apporter une amélioration, mais cela résulte également dans une perte de place et n'offre qu'une solution limitée à ce problème.

Les portes, les fenêtres et les grilles de ventilation jouent également un rôle déterminant dans la transmission du bruit. Plus encore, puisque dans de nombreux cas, ce sont là justement les plus grands problèmes. En d'autres termes, optez pour des grilles et des portes performantes au niveau acoustique et veillez à ce que des cadres insonorisants soient placés ainsi que des bandes en caoutchouc le long des cadres.

Le son de contact

Le transfert du bruit de contact doit être abordé tant sur le plan structurel que matériel, au moyen d'un plancher flottant d'une part et d'un recouvrement performant au niveau acoustique d'autre part. Les revêtements qui ne sont pas séparés du sol par une couche acoustique, sont néfastes pour l'isolation acoustique, et même le moindre lien entre l'espace et la structure du bâtiment – comme une vis ou une armature – peut également occasionner des déperditions acoustiques.

Le type de revêtement de sol a donc à nouveau un impact sur l'absorption sonore. Les carrelages sont néfastes; les chapes, les sols en PVC et LVT offrent les meilleures solutions. Alors que les tapis absorbent le mieux le bruit, ils ne sont pas autorisés dans les environnements de soins pour des raisons évidentes d'hygiène.

La réverbération acoustique

Pour limiter le temps de la réverbération acoustique, on fait aussi souvent que possible appel à des matériaux absorbants, et dans cette optique, c'est surtout le plafond – la plus grande surface – qui est le principal point d'intérêt. Surtout dans les couloirs, les espaces de circulation et les grands espaces, on opte pour une finition du plafond avec un haut coefficient d'absorption (max. 1), comme des plaques, des îlots au plafond et/ou des baffles composés de laine minérale pressée, de fibres de laine de verre, de fibres de polyester recyclé ou de mousse de mélamine (avec ou sans finition textile).

Si le revêtement du plafond ne suffit pas ou si l'on recherche une finition esthétique spécifique, on peut aussi revêtir en plus les parois. Pour cela, on peut utiliser des parois de rétention ou des éléments en même matériau, parachevé avec du textile, de la laine de bois, des parois en métal ou des résonateurs Helmholtz en bois. Tenez toutefois bien compte de la porosité et de la durabilité de la couche de finition. Les murs doivent, en effet, pouvoir réaliser l'absorption nécessaire et résister à un petit coup. Dans cette optique, le laminé est intéressant tant d'un point de vue décoratif que d'un point de vue entretien et solidité. Tant pour les parois que pour les plafonds, le choix du matériau doit se faire en fonction de l'espace. A savoir la fréquence du bruit est importante: certains matériaux sont surtout absorbants à hautes fréquences (par exemple, le plâtre pulvérisé), tandis que d'autres sont fonctionnels tant à haute qu'à basse fréquence (intelligibilité) (par exemple, la laine minérale épaisse).

Si le revêtement du plafond ne suffit pas ou si l'on recherche une finition esthétique spécifique, on peut aussi revêtir en plus les parois.
Si le revêtement du plafond ne suffit pas ou si l'on recherche une finition esthétique spécifique, on peut aussi revêtir en plus les parois (photo © Dennis De Smet pour Print Acoustics by Triplaco)

Le bruit des installations

Le bruit des installations est bien plus fréquent dans les hôpitaux que dans la plupart des autres bâtiments. Vibrations provenant de compresseurs ou d'alimentations électriques (d'urgence), bruit de refroidissement d'appareils, climatisation et systèmes de ventilation, autant de bruits qui se présentent tant dans les chambres que dans les espaces de consultation ou dans le bloc opératoire.

Pour les éviter, il est tout d'abord important d'intégrer les installations dans un lieu bien pensé et de choisir des appareils de qualité et de bonne dimension. Une bonne installation de ventilation avec des vitesses d'air limitées et avec des canaux parfaitement isolés est sans aucun doute un must. Et si cela ne suffit pas, alors, il est conseillé de prévoir des réducteurs de bruit, des encastrements supplémentaires et des grilles acoustiques isolantes.

UN ŒIL SUR LES DETAILS

Une approche intégrale ne signifie pas pour autant qu'il ne faut pas attacher de l'attention aux détails. Au contraire. Ce sont justement ceux-ci qui déterminent l'efficacité de l'intervention acoustique. Pensez par exemple à la pose correcte d'une chape flottante et l'utilisation de joints de dilatation adaptés, en prévision du trafic intense dans les couloirs.

Une isolation acoustique insuffisante des canaux de ventilation assure des nuisances sonores ainsi que le transfert non négligeable des bruits d'autres espaces.

Il faut également tenir compte de la durée de vie de certains matériaux. Les encadrements de portes doivent par exemple être suffisamment solides pour supporter des portes isolantes souvent très lourdes et les bandes en caoutchouc autour des encadrements doivent être changées à temps. Il est vrai qu'on ne les voit pas, mais il n'en reste pas moins vrai qu'elles s'usent. Des caoutchoucs intérieurs, mais quand même soumis à la lumière du soleil, doivent être changés environ tous les dix ans; les caoutchoucs qui se trouvent à l'extérieur, subissent, quant à eux, un vieillissement encore plus rapide.