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08/05/2019 - SAMMY SOETAERT

ISOLATION DE SOL: CHAINON MANQUANT DE LA MAISON ECONOME EN ENERGIE

Diverses solutions, diverses qualités

Les parties vitrées ont d’abord attiré l’attention du constructeur économe en éner­gie, avec le double et puis le triple vitrage. Ensuite est venu le tour du grenier, avec des isolations de plus en plus épaisses. Ces dernières années, nous voyons une percée complète de l’isolation de mur creux. Mais l’isolation de sol est restée à l’arrière-plan, et c’est dommage, car environ 12% de l’énergie dans une maison est perdue via le sol. Une opportunité pour l’entrepreneur attentif?

isolation de sol
Dans la mousse PUR, un mélange bicomposant assure un support durci. L’avantage de la mousse PUR est qu’elle peut remplir chaque joint ou irrégularité

SOLIDE PROGRESSION

Ces 12% montrent clairement d’emblée pourquoi l’isolation de sol est une bonne idée. La température moyenne du sol est assez basse et constante, dans notre pays environ 10 °C. La température de surface d’un sol non isolé oscille autour des 13 °C, ceci peut atteindre 18 à 20 °C avec l’isolation de sol. Une différence claire et perceptible, à tout le moins pour le portefeuille de l’utilisateur. Et il existe de bonnes raisons pour placer aussi l’isolation de sol. Ainsi, un sol isolé est un énorme progrès en termes de confort, une donnée qui n’est pas sans importance pour le consom­mateur moderne. Un troisième point que nous voulons évoquer, c’est qu’un sol trop froid par rapport au reste du bâtiment peut causer des problèmes de condensation, un important point d’attention dans des maisons fortement isolées contemporaines.

Encore bien des malentendus

Il existe peu d’éléments constructifs qui ont suscité autant de malentendus que l’isolation de sol. Tel l’axiome tenace qui veut que celui qui pose un sol au-dessus d‘une cave (vide sanitaire), ne doit pas placer une isolation de sol. La recherche montre qu’elle est justement nécessaire, car la différence de température est plus grande que sur un sol sur pleine terre. Idem pour le chauffage par le sol, pour lequel nombreux sont ceux qui pensent que l’isolation est superflue, ‘parce que le froid est déjà assez écarté’.

Rien n’est plus faux. Nous ne voyons pas ce genre de malentendus chez les clients finaux. Les prescripteurs et les placeurs osent se tromper. Prévoir trop peu d’espace pour la chape et l’isolation est un exemple typique des premiers, une trop faible densité des seconds. Cette dernière peut entraîner des fissures du sol.

DIVERS MATERIAUX

Entre-temps, il existe plusieurs matériaux pouvant être mis en œuvre comme isolation de sol: plaques ou coussins d’isolation, mortiers adaptés, matériaux alternatifs, … La liste s’allonge sans cesse. Une faible valeur lambda et une valeur R élevée sont bien entendu importantes dans le choix du matériau, mais la résistance à la compression est aussi un facteur important. D’autres facteurs jouent encore, d’où un aperçu des principaux systèmes avec leurs avantages et désavantages.

isolation de sol
Environ 12% de l’énergie dans une maison est perdue via le sol. Les consommateurs se rendent aussi compte de plus en plus que l’isolation de sol est importante

PLAQUES D’ISOLATION

Les plaques d’isolation sont une forme d’isolation de sol très facile à placer, il faut peu d’investissement pour pouvoir les proposer. Elles sont posées directement sur le béton ou la chape. Comme ces supports contiennent des alcalins, les plaques d’isolation sont souvent pourvues d’un revêtement protecteur. La plaque proprement dite peut être fabriquée en plusieurs matériaux: mousse de polyuréthane rigide, EPS, polystyrène, verre cellulaire, laine minérale, … Les plaques d’isolation sont populaires, pour quelques raisons fondées. Primo, elles ont une excellente valeur d’isolation. L’épaisseur fixe est aussi un point fort. Celle-ci varie de 20 à 100 mm, ce qui permet de doter un large éventail de sols de ce type de plaques.

La pose est aussi simple, le plus souvent via un système de rainure et languette. Le long des murs, on doit toujours conserver une certaine distance avec des plaquettes de séparation. Ces bords doivent être achevés avec une couche de mousse PU expansive pour éviter les ponts thermiques. Commencez toujours la pose à partir d’un angle et veillez à bien ajuster les assemblages à rainure des plaques. Commencez du côté le plus éloigné et travaillez vers l’ouverture de la pièce. Veillez aussi à un certain intervalle, de sorte que les joints se décalent de 25 centimètres. L’utilisation de plaques d’isolation n’exige pas de masquer et de poncer. La valeur lambda de ces plaques oscille autour de 0,022 W/mK, la résistance à la compression se situera traditionnellement autour de 120 kPa, mais il existe des exécutions pouvant aisément atteindre 300 kPa. Celles-ci sont plutôt destinées aux applications avec une plus lourde sollicitation du sol, comme dans les entreprises ou les grands magasins.

COUSSINS D’ISOLATION

Les coussins d’isolation sont constitués d’un coussin pliable comportant plusieurs couches d’air. Il existe des exécutions avec deux ou trois chambres d’air. Les coussins d’isolation ont une valeur d’isolation élevée et sont une solution bon marché et, en outre, sans entretien. Ils prestent bien également dans la résistance à l’humidité. Mais en raison de leur fragilité, ils conviennent uniquement comme isolation du dessous du sol. Les matériaux utilisés sont le polyester ou le polyéthylène.

isolation de sol
La construction typique de l’isolation de sol: film de construction, isolation, chape et sol. La mousse PUR permet de pulvériser aussi les conduites. Avec la chape d’isolation, l’isolation et la chape sont combinées

MOUSSES PUR

Pour les mousses PUR, le mélange bicomposant est pulvérisé sur le support. Après durcissement, on obtient un remplissage optimal de l’isolation, ce qui est d’emblée le plus grand avantage de cette forme d’isolation. Comme les matières sont pulvérisées sous forme liquide, tous les interstices sont bien recouverts et les conduites sont aussi pulvérisées au plus près. Les ponts thermiques sont donc évités. Les différences de niveau peuvent aussi être lissées. Et avec la bonne valeur d’isolation, ceci est une solution très performante. L’important dans cette forme d’isolation est la préparation et le soin apporté au sol: il doit être exempt de poussière, mais certainement aussi entièrement sec. Au besoin, on doit d’abord éliminer l’humidité avec un chalumeau. Ne soyez pas tenté de travailler trop vite: des couches de 4 cm sont le maximum absolu. Une autre tâche préventive consiste à protéger les murs, parce que la pulvérisation peut parfois voltiger de façon diffuse. La valeur lambda oscille autour de 0,025 W/m²K. Après séchage, il est important de poncer la surface égale.

Changement en vue

Cette forme d’isolation de sol changera en profondeur dans les prochaines années. La pulvérisation se faisait jusqu’ici avec HFC, mais cette matière ne peut plus être utilisée à partir de 2023. Les producteurs s’affairent à la conversion aux alternatives écologiques comme les HFO (hydrofluoroléfine). Il existe même des exécutions à base d’eau. Remarquez que ceci réclame l’attention du placeur. En règle générale, les HFO ont les mêmes propriétés isolantes et résistance à la compression que les HFC, mais ce n’est pas le cas des variantes en phase aqueuse. Celles-ci ont une valeur isolante d’environ 0,032 W/m²°K et exigent une plus grande densité (45 kg/m³).

MORTIERS ISOLANTS

Si vous voulez utiliser un mortier isolant comme isolation de sol, attention au produit utilisé, car il existe pas mal de différence entre les offreurs. Chaque fabricant commercialise différents types, chacun ayant ses spécifications en termes de résistance à la compression et de valeurs isolantes. Il convient donc de faire attention et de bien vérifier qu’il existe une attestation ATG du produit et/ou que la valeur isolante est reprise dans la banque de données PEB. La composition de produit est relativement simple. La composition du ciment est mélangée à des grains de polystyrène, EPS ou polyuréthane d’un diamètre de 2 à 6 mm. Le mortier isolant doit toujours être combiné avec une autre forme d’isolation, comme des plaques d’isolation, pour obtenir une bonne valeur d’isolation. La résistance à la compression est élevée avec cette solution.

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Des matériaux alternatifs comme les coquilles ont aussi le vent en poupe

MATERIAUX ALTERNATIFS

Tous les bâtisseurs ne sont pas séduits aujourd’hui par les matériaux isolants en PUR, EPS ou polystyrène, mais désirent un produit écologique, comme la fibre de bois ou la cellulose. Il s’agit de comparer les prestations isolantes de ces matériaux avec celles des produits précités, car la valeur écologique est souvent annihilée par les valeurs lambda plus mauvaises. Toutefois, ils sont bel et bien une alternative pour certaines applications. Les coquilles d’isolation en sont un bel exemple. La hauteur de cette construction de sol est un peu plus élevée qu’avec la plupart des matériaux traditionnels; vous devez creuser la pleine terre dans la pièce jusqu’à 50 centimètres sous le niveau du sol achevé. On doit d’abord insuffler une couche de trente centimètres de coquilles pleines ou les amener manuellement. Celles-ci ne doivent pas être damées, parce qu’elles servent de couche d’isolation. Au-dessus de cette couche viennent encore cinq centimètres de coquilles brisées, légèrement comprimées manuellement. Avant de poursuivre avec les couches suivantes du sol, vous appliquez une bordure d’isolation ou de dilatation pour ne pas perdre de chaleur entre le mur et le sol. En dernier lieu est appliquée l’isolation sous forme de panneaux résistant à la compression et à l’humidité, et perméables à la vapeur. Pour cela, il vaut mieux choisir la variante en liège. Au-dessus vient encore une couche de chape sèche puis vous pouvez finir avec un carrelage ou un autre sol au choix. Pour la couche isolante et occlusive, on utilise des coquilles d’un diamètre de 15 à 33 millimètres, dont le poids est de quelque 600 à 650 kilos par mètre cube. Les coquilles d’un diamètre de 3 à 15 millimètres sont utilisées pour la couche d’égalisation. Ceci donne vite un poids de 800 à 1.000 kilos par mètre cube. L’important est d’utiliser des coquilles qui satisfont au certificat KIWA K.21034/01.