Techniques de construction

La confiance des entrepreneurs en Flandre occidentale sous pression, les investissements ralentissent

West-Vlaanderen

Les entreprises de Flandre occidentale résistent pour l'instant malgré les turbulences géopolitiques et économiques de l'année écoulée. Bien que le chiffre d'affaires continue d'augmenter pour l'instant, le nombre de faillites est en hausse et la croissance des investissements est ralentie. Les tensions commerciales, la guerre en Ukraine, la lenteur européenne et les pratiques de dumping chinoises sont toutefois sources d'incertitude croissante.

La Flandre occidentale en chiffres

Les droits de douane 'réciproques' américains, avec une taxe à l'importation de 15 %, la guerre en Ukraine, la lenteur de nos décideurs politiques européens et les pratiques de dumping chinoises sont une mauvaise nouvelle pour notre économie ouverte. Ils créent de l'incertitude chez les entrepreneurs.

Malgré ces turbulences, les entreprises de Flandre occidentale ont enregistré une augmentation de 2,9 % de leur chiffre d'affaires entre juillet 2024 et juin 2025. Dans la Région flamande, la hausse du chiffre d'affaires a été plus modérée, avec seulement 1,4 %. Au cours d'une année mouvementée, nos entreprises de Flandre occidentale semblent tenir bon, mais la prudence reste de mise, car cette image ne s'applique pas à toutes les entreprises.

Ralentissement de la croissance des investissements

Les turbulences géopolitiques et économiques pèsent sur la confiance des entrepreneurs et freinent la croissance des investissements. La Flandre occidentale reste une région d'investissement importante au sein de la Flandre, mais elle a clairement perdu du terrain ces dernières années.

Après une longue période durant laquelle la province représentait 17 à 19 % de tous les investissements des entreprises flamandes, cette part est tombée à 15,7 % en 2024.

La dynamique d'investissement s'affaiblit également : entre juillet 2024 et juin 2025, les investissements des entreprises en Flandre occidentale ont légèrement diminué de 0,2 %, une baisse qui atteint même 2,2 % par rapport à la période juillet 2022 - juin 2023. Ces chiffres témoignent d'une incertitude croissante chez les entrepreneurs.

Faillites

Les chiffres relatifs aux faillites sont également très inquiétants. Le tribunal de commerce de Flandre occidentale a enregistré 833 faillites, soit une augmentation de 10,8 % par rapport à l'année dernière. Dans la Région flamande, le nombre de faillites a augmenté de 5,3 %. Comme les années précédentes, ce sont principalement les mêmes secteurs qui sont touchés : avec une activité historiquement faible, le secteur de la construction reste en tête avec 204 faillites, suivi par l'hôtellerie et la restauration (171) et le commerce de gros et de détail (162).

La cause principale reste incertaine

Même s'il est clair que de nombreuses entreprises traversent une période économique difficile, il reste difficile d'en identifier une cause unique. Selon une première estimation, ce sont surtout les entreprises qui étaient déjà sous pression depuis un certain temps qui semblent aujourd'hui céder, la proverbiale goutte d'eau ayant fait déborder le vase.

Une croissance limitée

Enfin, les start-ups : au cours du premier semestre 2025, 7 024 nouvelles entreprises ont été enregistrées. Par rapport à la même période en 2024, la Flandre occidentale affiche une croissance limitée de 0,85 %, tandis que la Région flamande enregistre une légère baisse de 0,63 %.

À plus long terme, les évolutions sont variables. Par rapport à 2023, nous constatons une baisse de 1,33 %, tandis que par rapport à 2019, nous enregistrons une augmentation de 10,63 %.

Perspectives économiques

Le frein à l'investissement en Flandre occidentale reflète la baisse de confiance des entrepreneurs. Une enquête Voka menée fin novembre 2025 auprès de 200 entreprises de Flandre occidentale révèle que 6 entrepreneurs sur 10 jugent le climat économique négatif à très négatif. Plus inquiétant encore, 8 entrepreneurs sur 10 ne s'attendent à aucune amélioration au cours des 12 prochains mois. La majorité des entreprises (58 %) enregistrent un niveau de commandes inférieur à la normale. ​

Le Bureau fédéral du Plan estime également que les perspectives économiques de notre pays sont sombres. En 2026, on prévoit une croissance modeste du PIB belge de 1,1 %, suivie d'un ralentissement supplémentaire de la croissance économique à seulement 0,9 % en 2027, principalement en raison d'une forte baisse des investissements publics et de l'introduction de l'ETS2, le deuxième système européen d'échange de quotas d'émission.

Maintenir la croissance en période de turbulences

Nos gouvernements ont une mission claire : élaborer une stratégie de croissance qui redonne des perspectives aux entreprises. Ne pas soutenir pleinement l'industrie aujourd'hui risque de nous coûter beaucoup plus cher à long terme en termes de prospérité. Le récent accord budgétaire du gouvernement fédéral fait un premier pas dans cette direction en débloquant 700 millions d'euros sur les trois prochaines années afin de réduire la facture énergétique des entreprises.

Le coût élevé de l'énergie reste l'une des principales causes de l'affaiblissement de l'industrie en Flandre occidentale.

En outre, le coût salarial continue de peser lourdement sur la compétitivité des entreprises. Selon l'accord budgétaire, l'indexation des salaires sera gelée en 2026 et 2028 pour la partie supérieure à 4 000 euros bruts. Cependant, seule la moitié des économies ainsi réalisées par nos entreprises leur sera attribuée, l'autre moitié retournant dans les caisses de l'État. De plus, de nombreuses incertitudes subsistent quant à l'application concrète de cette mesure. Il est urgent de lever cette incertitude pour les entreprises.

Le gouvernement flamand doit également se mettre au travail. Le programme flamand en matière de productivité et de compétitivité, élaboré par le ministre-président Matthias Diependaele, doit devenir un programme gouvernemental intégré et servir de ligne directrice à chaque ministre.

L'un des principaux chantiers est la réforme de l'octroi des permis. Après la remise du rapport consultatif par la commission mixte d'experts fin septembre, il appartient au gouvernement flamand de mettre en place un cadre juridique solide et sûr en matière de permis.

En outre, la pénurie de zones industrielles freine les ambitions de croissance des entreprises de Flandre occidentale. La décision récente du gouvernement flamand d'approuver les huit propositions de terrains dans le PRUP Activité économique de la sous-région de Roulers était une étape indispensable dans la bonne direction. Mais le chemin à parcourir est encore long. En 2026, tant le gouvernement flamand que la province de Flandre occidentale devront prendre les mesures nécessaires pour remédier enfin à la pénurie criante d'espace pour les entreprises.

La pénurie sur le marché du travail reste un casse-tête permanent pour nos entreprises de Flandre occidentale. Malgré une légère augmentation du nombre de demandeurs d'emploi à 35 485 en novembre 2025, soit une hausse de 8,5 % par rapport à l'année dernière, la pression sur le marché du travail reste extrêmement forte. Les turbulences économiques ont certes entraîné un certain ralentissement, mais pas suffisamment pour atténuer la pénurie. Avec seulement 2,43 demandeurs d'emploi par poste vacant, le ratio de tension reste trop faible en Flandre occidentale.

Même l'énorme vague de chômeurs de longue durée ne permettra pas de résoudre la pénurie criante. Selon l'ONEM, entre 2026 et mi-2027, 62 676 chômeurs perdront leurs allocations en Flandre. Les employeurs font de leur mieux, mais la responsabilité principale incombe aux pouvoirs publics. Trop peu est fait pour protéger les jeunes du chômage de longue durée. 6 % des moins de 25 ans n'ont pas de diplôme, et l'apprentissage en alternance connaît encore des difficultés de croissance. En rendant l'apprentissage en alternance plus attrayant et plus efficace, la Flandre pourrait réduire considérablement le chômage de longue durée.

Un défi supplémentaire pour le gouvernement flamand dans la lutte contre la pénurie sur le marché du travail consiste à attirer des talents internationaux. En attirant de manière ciblée et sélective des travailleurs hautement, moyennement et faiblement qualifiés hors de nos frontières, il est possible de réduire efficacement la pénurie aiguë de main-d'œuvre.

Enfin, il faut continuer à travailler sur les infrastructures indispensables, telles que la troisième voie sur l'E403, la construction de la nouvelle écluse maritime à Zeebruges et la poursuite de la modernisation du canal Roulers-Leie, afin de redonner un nouveau souffle à la région de Flandre occidentale. Non seulement ces projets améliorent l'accessibilité, mais ils renforcent également l'attractivité de la Flandre occidentale en tant que lieu d'investissement.

Résilience et croissance

Les turbulences géopolitiques et économiques entraînent une incertitude croissante chez nos entrepreneurs. Le commerce mondial est de plus en plus fragmenté et les risques augmentent. Nos autorités ont la responsabilité écrasante d'offrir un cadre stable et juridiquement sûr tant aux entrepreneurs qu'aux consommateurs.

Alors que la croissance des investissements en Flandre occidentale ralentit, le moment est venu pour nos gouvernements de miser pleinement sur l'entrepreneuriat. Faisons de l'agenda flamand en matière de productivité et de compétitivité la boussole du gouvernement flamand. Veillons à ce que les conditions de base de l'entrepreneuriat soient solidement remplies : talent, espace, infrastructure et sécurité juridique. Réalisez, grâce à la plateforme stratégique MAKE2030, une réduction structurelle des coûts énergétiques, le développement d'une infrastructure énergétique tournée vers l'avenir et une simplification administrative poussée.

Nos entreprises doivent également continuer à investir, non seulement dans l'automatisation et la numérisation, mais aussi dans la recherche et le développement. L'internationalisation est également plus que jamais une nécessité en ces temps difficiles.

Enfin, nous devons renforcer notre résilience sociale en accordant à des secteurs tels que l'industrie de la défense une place à part entière en Flandre et en les sortant de la sphère taboue. La résilience ne consiste pas à repousser le changement, mais à être capable de s'adapter sans cesse à une nouvelle réalité. Si nous ne le faisons pas, nous risquons de perdre notre prospérité ; si nous le faisons, nous créons les conditions nécessaires pour continuer à croître même en période de turbulences.

Source : Voka

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